La qualité de l’air intérieur est essentielle pour l’apprentissage

Une mauvaise qualité de l’air intérieur peut non seulement nuire sérieusement à la concentration des élèves et à leurs performances générales, mais aussi entraîner une augmentation de l’absentéisme pour cause de maladie. 

Une ventilation adéquate est donc impérative pour la conception d’une salle de classe saine favorisant l’épanouissement des élèves.

Une mauvaise qualité de l’air intérieur n’a pas uniquement un impact sur la capacité des élèves à se concentrer, elle nuit également à leur santé et à leur bien-être en général.

E-book gratuit  Construire des écoles de meilleure qualité  Téléchargez cet e-book et découvrez 6 éléments de design dont les architectes  peuvent se servir pour concevoir les écoles de demain. Télécharger le e-book

Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), près d’un enfant sur treize en âge d’aller à l’école aux États-Unis souffre d’asthme, la principale cause d’absentéisme à l’école pour cause de maladie chronique1.

On pense également que le corps en plein développement des enfants est plus sensible aux expositions environnementales nocives que celui des adultes. Proportionnellement à leur masse corporelle, les enfants respirent plus d’air, mangent plus de nourriture et boivent plus de liquide que les adultes. Ce seul élément fait de la qualité de l’air dans les écoles un sujet de préoccupation.

Des études relatives à l’exposition humaine aux polluants atmosphériques, également réalisées par l’EPA, indiquent de façon alarmante que les niveaux de polluants à l’intérieur peuvent être deux à cinq fois (et parfois même jusqu’à 100 fois !) supérieurs aux niveaux extérieurs.

Une aération inadéquate entraîne une hausse des niveaux de pollution, un problème spécifique aux salles de classe où les enfants ont un volume d’air réduit par individu en raison de la forte densité d’occupation. Quantité d’études avancent des preuves probantes d’un lien entre de meilleurs résultats chez les élèves et une meilleure ventilation de la classe. Les améliorations de performances typiques signalées en corrélation avec une aération accrue vont de quelques pour cent à 15 %2.

Dans le cadre d’une récente étude3, une intervention visant à améliorer l’aération dans 16 classes a été réalisée. Les résultats de tâches informatisées accomplies par plus de 200 élèves ont montré des réponses sensiblement plus rapides et plus précises à des questions à choix multiples, au test consistant à distinguer le nom d’une couleur de la couleur dans laquelle il est écrit, à la mémorisation d’images et à la reconnaissance de mots dans les classes où l’aération était meilleure.

Selon les conclusions de l’étude Clever Classrooms4, les exigences pour une bonne aération des classes sont les suivantes.

1 : La ventilation contrôlée

Les fenêtres et verrières dotées de larges ouvertures, idéalement avec plusieurs ouvertures, permettent aux utilisateurs d’aérer efficacement les classes dans diverses conditions. Les fenêtres et verrières à ouverture par le haut situées en hauteur dans la classe, mais avec des mécanismes facilement accessibles et manipulables permettent à l’air le plus chaud et le plus vicié de sortir plus efficacement. Il est préférable de ne pas installer de stores rideaux sur ces fenêtres et verrières à ouverture par le haut s’ils bloquent la circulation de l’air.

2 : Le volume de la pièce

Plus la classe est grande, plus les concentrations en dioxyde de carbone et en polluants sont diluées et plus la bonne qualité de l’air est maintenue longtemps. Dans une classe de taille moyenne d’un volume de 181 mètres cubes, dans laquelle se trouvent 30 élèves et qui est dépourvue d’aération, la qualité de l’air devient mauvaise en à peine 30 minutes.

3 : La ventilation mécanique

Quand l’aération naturelle est inadaptée ou problématique, elle peut être améliorée grâce à la mise en place d’une ventilation mécanique.

4 : Les capteurs de CO2

L’installation de capteurs de CO2 dans les classes permet aux enseignants de surveiller la qualité de l’air et d’ajuster le niveau d’aération en conséquence. La teneur en CO₂ sert souvent d’indicateur de la qualité de l’air intérieur. L’air extérieur contient une concentration en CO₂ d’environ 400 ppm. Un niveau de CO2 intérieur de 1 150 ppm offre une qualité de l’air adéquate, 1 400 ppm assurent une bonne qualité de l’air intérieur dans la plupart des cas et 1 600 ppm indiquent une mauvaise qualité de l’air (NBN, 2007)5.

Il ne fait aucun doute que la création d’un bon climat intérieur doit être une des priorités de tous les projets de rénovation d’école et de nouvelles constructions d’école. Cela entraînera la création de meilleures installations dans lesquelles les élèves pourront apprendre et s’épanouir, et les éducateurs travailler efficacement. Une bonne aération est essentielle étant donné que c’est la seule manière de maintenir une bonne qualité de l’air intérieur et les concentrations de polluants à un niveau acceptable.

Sources

  1. Why Indoor Air Quality is Important to Schools (EPA) : https://www.epa.gov/iaq-schools/why-indoor-air-quality-important-schools
  2. Fraunhofer-Institut für Bauphysik IBP (2015) Impact of the indoor environment on learning in schools in Europe (Rapport d’étude) (https://press.velux.com/download/162707/fraunhoferibpreport.pdf)
  3. Bako-Biro et al : Evaluation of indoor environmental quality conditions in elementary schools׳ classrooms in the United Arab Emirates, 2012
  4. Clever Classrooms, rapport sommaire du projet HEAD, Université de Salford, Manchester (2015)
  5. NBN (2007) EN 15251 : Critères d’ambiance intérieure pour la conception et évaluation de la performance énergétique des bâtiments.